Suisse, paradis des évasions - Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires

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Suisse

Suisse, paradis des évasions

lundi 16 février 2009 Mis à jour le 10 janvier 2011

La Suisse est reconnue dans le monde comme la championne de l’activité bancaire. En 2005, les 376 banques recensées en Suisse produisaient plus de 12 % de la richesse du pays, trois fois plus que le secteur de la chimie.

1er rang mondial dans la gestion des fortunes privées

C’est la Suisse qui a inventé les comptes bancaires numérotés. C’est aussi la Suisse qui, la première, a introduit en 1934 les fameuses règles de secret bancaire. Aujourd’hui, l’article 47 de la loi fédérale suisse sur la banque considère la rupture du secret bancaire comme un crime passible de prison. Grâce à quoi elle a attiré et attire les fortunes du monde entier. Au moins 50 % des avoirs déposés en Suisse par des étrangers – soit plus de 800 milliards de dollars – n’ont pas été déclarés dans leur pays. La Suisse occupe le premier rang mondial dans la gestion des fortunes privées. On estime que 60 % des fortunes déposées par des épargnants européens hors de leur contrée d’origine se trouvent en Suisse.

Offre tous les instruments pour l’évasion fiscale

La Suisse est aussi une grande « place offshore » offrant tous les instruments financiers de l’évasion fiscale, comme les comptes à numéro, les trusts ou encore les sociétés écran. On estime à 27 % la part de la Suisse dans l’ensemble des marchés financiers « offshore » du monde. Les dictateurs du monde entier (citons Mobutu, Marcos, Duvalier, Montesinos, Abacha, pour les cas les plus patents) y ont déposé et déposent les fonds de leurs détournements et des pots de vin reçus.

Mais la Suisse refuse qu’on la considère comme un paradis fiscal. Parce qu’elle fait des efforts, sous la pression des autres pays, pour plus de coopération judiciaire et pour rendre une partie de l’argent des dictateurs disparus. Parce qu’elle n’est pas une petite île. Parce que...

L’affaire UBS

Cependant, le 6 novembre 2008 a retenti sur sa tête comme un coup de tonnerre : un grand jury de Floride décidait de la mise en accusation de Raoul Weil, numéro trois de la banque UBS, pour « avoir aidé des clients américains à dissimuler leurs actifs détenus à l’étranger ». Voilà une banque suisse poursuivie par la justice américaine pour « complicité active de vol ». Tout cela parce que l’ex-gérant de fortune d’UBS, Bradley Birkenfeld, qui travaillait sous Raoul Weil, a reconnu avoir proposé tous les véhicules financiers permettant à ses clients américains de cacher leur fortune. Il a même avoué avoir transporté, pour le compte de l’un d’eux, des diamants hors des Etats-Unis, planqués dans un tube dentifrice ! Et il a montré par ses révélations que son action n’était pas isolée, mais faisait partie d’un système pratiqué à grande échelle par la grande banque suisse. Affaire à suivre.

Les "comptes en Suisse" : image d’Epinal ou réalité ?

Voici quelques vidéos très pédagogiques réalisées par Attac Suisse pour comprendre le fonctionnement du plus célèbre des paradis fiscaux...

Des films au titre évocateur : "Permis d’évader", en cinq épisodes :

Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires

Née en 2005, la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires réunit 19 organisations de la société civile française engagées dans la lutte contre les paradis fiscaux, la fraude et l’évasion fiscales telles que des syndicats, des ONG de développement, des associations de lutte contre la corruption, des mouvements citoyens...

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