Les Iles Caïman

Publié le 16 février 2009

Colonie britannique située à 240 km au sud de Cuba et à 268 km au nord-ouest de la Jamaïque, les îles Caïman représentent l’archétype des paradis fiscaux. Haut lieu de création de sociétés offshore et de sociétés écrans, cultivant le secret bancaire absolu (sauf pour l’argent de la drogue), il n’y existe aucun impôt quel qu’il soit sur les revenus ou les profits, le capital ou la fortune, les plus values, les propriétés, les ventes ou les héritages. En outre une forte réticence à la coopération judiciaire internationale y est de mise.

Sa capitale : 5ème place financière mondiale

Avec un nombre de banques et de « sociétés offshore » (respectivement 600 et 80 000) supérieur à celui de ses habitants (30 570 habitants en 2006), sa capitale, Georgetown, est la cinquième place financière mondiale (en montant de dépôts de non-résidents) (plus de 850 milliards de dollars), après Hong Kong, Londres, New York et Tokyo. 43 des 50 premières banques mondiales y avaient des établissements en 2004 ; elles y sont toutes aujourd’hui.

Numéro 1 pour les hedge funds

Les îles Caïman sont aussi le premier havre mondial pour la domiciliation des fonds spéculatifs offshore (hedge funds) ainsi que des fonds de pension. Au 31 décembre 2007, 8751 fonds y étaient enregistrés, plus 119 fonds licenciés et 543 fonds administrés soit un total de 9400 fonds. On estime que plus de 75 % des fonds spéculatifs mondiaux y sont domiciliés.

Autre point d’ancrage, les îles Caïman étaient, après les Bermudes, le deuxième lieu d’enregistrement des sociétés d’assurances captives en 2008, avec 765 sociétés d’assurances captives immatriculées au 31 décembre 2007 (les sociétés d’assurances captives sont les sociétés d’auto-assurance des grandes multinationales).

On y gère aussi des trusts (ou fiducies) sur le modèle britannique (25 000 trusts en 2004), des « special purpose vehicles » servant notamment à titriser des dettes, comme on l’a vu dans le cas de la crise des subprimes américains.

Quelques scandales

Bref, on y trouve la panoplie complète des outils financiers permettant aux grandes multinationales ainsi qu’aux riches particuliers d’échapper aux impôts. Ce n’est donc pas étonnant qu’on entende parler de ces îles quand des scandales viennent secouer la chape de plomb qui couvre habituellement les activités d’évasion fiscale.

Ainsi, lors de la faillite frauduleuse du groupe Enron, en décembre 2001, on apprit que ce groupe avait créé 692 filiales dans les îles Caïman. Lors du scandale du groupe italien Parmalat, fin juin 2003, on sut que Parmalat avait multiplié les filiales et créé des sociétés relais dans les îles Caïman, les îles Vierges britanniques et les Antilles néerlandaises.

En octobre 2008, lorsque la Banque nationale suisse (BNS) annonça un plan de sauvetage de la banque UBS par la création d’une société de défaisance pour y transférer les 60 milliards de dollars de créances douteuses d’UBS liées à la crise des subprimes américains, elle parla d’installer cette société dans les îles Caïman. Ce choix suscita de vives réactions en Suisse. La BNS dut faire machine arrière et se tourner vers le registre du commerce bernois, pour l’enregistrement de la SNB StabFund.

Photo par Willamor Media sous licence Creative Commons.

Classement des paradis fiscaux suivant l’index d’opacité financière en 2009
1 Delaware (USA)
2 Luxembourg
3 Suisse
4 Îles Caïmans
5 Grande Bretagne (la City)
6 Irelande
7 Les Bermudes
8 Singapour
9 Belgique
10 Autriche